Une artiste de la scène se retrouve devant public…sans aucune idée de ce qu’elle est censée faire. Réalisant qu’il s’agit d’un de ses cauchemars récurrents, elle tente d’enregistrer l’histoire dans ce qui semble être un Dictaphone – mais ce ne l’est pas – et le curieux objet l’embarque dans un tourbillon ahurissant de tout ce qui peut mal aller sur scène.

Elle se retrouve ensuite dans le nid familial (fiou!), flottant dans une mer d’amour… et puis sur un quai, chantant un blues avec Barak Obama (son amant de prédilection). Elle continue son voyage, guidée par une statue sans visage ; des champs de fleurs, des éclaboussures de sang, des céréales soufflées. Elle se fait attaquer par des chaussures et est apaisée par le souvenir de son père décédé.

Oui…cette femme est en train de RÊVER.

Confidences sur l’oreiller, un essai sur les rêves est une histoire qui raconte comment nous faisons face aux défis de la vie, chaque nuit, au lever de rideau dans nos théâtres internes. Comédies et tragédies dans tous les genres imaginables – que l’on crée nous-mêmes – nous viennent (gratos !) afin de nous chatouiller pour nous sortir de nos troubles, ou pour nous ébranler jusqu’aux os. Nous sommes étonnement poétique, violents, pitoyables ou courageux… nous sommes de véritables créateurs : d’artistes complets… nous pouvons même créer Dieu.

Il s’agit d’une vraie histoire, bâtie sur des vrais rêves enregistrés dans la nuit depuis plusieurs années. Plus d’une centaine de rêves ont été triés pour trouver ceux qui expriment le mieux les trois catégories d’instincts humains : la Survie (nos pulsions et nos besoins), la Procréation (désir, famille, amour) et la Spiritualité (notre place dans le cosmos)… et on a inclus quelques rêves sots car ils sont trop drôles.

Juxtaposés stratégiquement, ces rêves parlent d’eux-mêmes de la nature humaine, et abordent un problème : pourquoi doit-on se raconter des histoires farfelues chaque nuit afin de survivre?

Qui sait? Plutôt que d’interpréter ces rêves de façon analytique, je choisis de les interpréter de façon artistique. Les rêves peuvent nous parler de la même manière que font des œuvres d’art. On peut les apprécier avec notre sens inné de la métaphore poétique.

Confidences sur l'oreiller fumé

La soirée s’est ouverte avec Confidences sur l’oreiller, un essai sur les rêves, de Dulcinée Langfelder, spectacle multidisciplinaire ludique et coloré. Comme le titre l’indique, la pièce traite d’un sujet universel, le monde des rêves, abordé ici par l’artiste sous une forme des plus vivantes et éclatées. Comment livrer au public de manière consciente les élucubrations de son inconscient ? Ultra expressive, Langfelder s’est lancée dans l’exploration de ses propres songes que, sur scène, elle ne tente pas tant de décortiquer, mais qu’elle nous livre de manière gaie et légère.

La Pieuvre

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Confidences sur l'oreiller - Bande d'annonce

Un mot de Dulcinée

Après avoir lu tout ce que j’ai pu au sujet de l’étude des rêves, ce qui me semble clair est que le rêve est au cœur de notre capacité de créer, d’inventer des choses et de résoudre des problèmes. Notre cerveau rêveur est notre thérapeute personnel, nous demandant : N’avons-nous pas déjà vu cet embarras ? Comment l’avons-nous géré la dernière fois… ?

Que nous nous en souvenions ou non, que nous arrivions à en donner un sens ou non, nos rêves nous gardent sain d’esprit, maintiennent nos instincts et surtout, développent notre créativité. Un de mes rêves préférés raconte : Comme une toile tendue, la scène s’étend du précipice jusqu’à moi. C’est comme ça que je fais.

Comment évoluons-nous en grandissant? Nous imaginons. Nous rêvons. C’est comme ça qu’on fait.
Faîtes de beaux rêves!

Signature Dulcinea

Crédits

Concept, chorégraphie et interprétation : Dulcinée Langfelder

Mise en scène et chorégraphie : Alice Ronfard et Anne Sabourin

Animations: Dulcinea Langfelder et Benjamin Broche

Ingénieur de son: Danys Levasseur

Projections vidéos : Patrice Daigneault

Lumière et projections : Vincent Santes

Consultants vidéos: Yves Labelle et Jules de Niverville

Son: Hans Nasserdine Djafer et Bruno Lavoie

Remerciements à : Alice Ronfard, Marylène Breault, Yves Labelle, Jules de Niverville, Ana Capellutto et Sophie El-Assaad

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